“Nous devons trouver des solutions innovantes à l’extrémisme violent dans l’espace du G5 Sahel – l’Arabie Saoudite comme source d’inspiration ?”

Par M. Cyrille GUEL, Président de EducommunicAfrik

Ouagadougou, le 12 décembre 2021

Le problème terroriste est devenu ces dernières années un enjeu majeur pour la plupart des pays du Sahel Ouest africain et constitue à la fois un défi important que l’ensemble des forces vives de ces Etats se doivent de relever main dans la main sans acception de personnes. Les jeunes de notre région doivent se rendre à l’évidence qu’ils ont le devoir de mettre la main à la pâte pour contribuer de quelque manière que ce soit à bâtir avec les aînés cette pyramide du défi sécuritaire.

C’est en cela que mon Organisation a rassemblé, au cours du “Forum des Jeunes du G5 Sahel sur la paix et la sécurité en Afrique” tenu à Ouagadougou les 14 et 15 octobre dernier, environ 300 jeunes de 12 pays africains dont les cinq (05) du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Niger, Burkina Faso) pour échanger, avec de hauts dirigeants de l’Union Africaine, l’UNESCO, la BAD, les autorités de mon propre pays, les chefs traditionnels et des représentants d’autres pays du G5 Sahel, autour de solutions concrètes, réalistes et réalisables à la radicalisation et l’extrémisme violent.

Au cours de ce forum, la désinformation a été reconnue comme un problème clé sur lequel nous devons nous concentrer pour lutter contre le problème de la radicalisation et de l’extrémisme violent. En effet, les jeunes, en raison de leur grande utilisation des TIC et particulièrement des médias sociaux, sont malheureusement souvent la cible des efforts de désinformation des groupes extrémistes.

Cependant, il existe aussi d’autres sujets importants sur la question de la lutte contre le terrorisme que nous devons aborder de manière courageuse, cohérente et créative.

En cherchant l’inspiration et des idées créatives dans notre approche, nous devons penser au-delà de ce qui se passe dans notre propre région et regarder les expériences d’autres pays qui ont également été confrontés au même défi sécuritaire que nous.

« Nous, au Burkina Faso et ailleurs dans le Sahel Ouest africain, pouvons tirer parti de l’expérience des autres notamment de l’Arabie Saoudite » Cyrille GUEL © Faso7

Le financement du terrorisme est une question sérieuse et pas des moindres. Comment des groupes d’individus arrivent-ils à mobiliser de si fortes sommes d’argent pour se procurer des armes de pointe que même des Etats souverains avec tout leur budget n’arrivent pas à acquérir ? A cette question, je partage l’avis de la Sénatrice française Nathalie GOULET qui disait ceci lors de son interview avec le journaliste Frank KANE dans l’émission “Frankly Speaking” de “Arab News” : « Nous devons vérifier et mener des enquêtes approfondies sur la façon dont ils (les terroristes) collectent de l’argent et ce qu’ils font avec cet argent, et nous devons absolument arrêter tout financement du terrorisme ».

GOULET a également évoqué l’exemple de l’Arabie Saoudite qui, pour montrer son engagement à lutter contre le terrorisme, a engagé une véritable réforme à travers de nouvelles solutions comme la digitalisation des dons de la Zakat qui sont évalués à plusieurs millions de dollars. Ces réformes saoudiennes viseraient à garantir que les fonds destinés à aider les personnes dans le besoin ne puissent pas être utilisés à d’autres fins tel le financement du terrorisme.

Sur ce point, je ne peux que saluer une telle initiative de l’Arabie Saoudite qui, en empêchant tout encaissement de la Zakat en espèces, s’attaque directement au financement du terrorisme.

« Ce que nous devons faire, c’est suivre l’argent et ensuite essayer d’interdire tout financement pour ces personnes (terroristes) » : à cette interpellation de Nathalie GOULET, l’Arabie Saoudite a montré le chemin à suivre au monde entier et particulièrement à des pays comme ceux du G5 Sahel.

Nous, au Burkina Faso et ailleurs dans le Sahel Ouest africain, pouvons tirer parti de l’expérience des autres notamment de l’Arabie Saoudite qui a fait l’option de s’attaquer directement au financement du terrorisme. Nos pays rencontrent certes des difficultés au niveau sécuritaire mais nous ne devons absolument pas désespérer. Avec un peu d’audace, un peu d’imagination et l’union de tous, notre génération parviendra à bâtir sa pyramide du défi sécuritaire.

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